L’éducation en situation d’urgence : le cas des enfants réfugiés centrafricains

vendredi 27 mars 2015
par Administrateur FECASE
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Le conflit armé en République Centrafricaine (RCA) a entraîné un afflux massif de réfugiés dans la Région de l’Est- Cameroun, engendrant des problèmes sécuritaire et humanitaire dans cette partie du pays. Mais, en dehors des réponses militaire et humanitaire qu’il fallait apporter en urgence, il y avait, sous- jacent, la question éducative qui était latente. En effet, il ne fallait pas seulement soigner, loger, nourrir et protéger les réfugiés centrafricains, mais on devait aussi, dans l’urgence, éduquer leurs enfants en âge scolaire. L’éducation de qualité est un droit pour les enfants. Elle permet d’accéder à d’autres droits fondamentaux, elle doit donc être assurée même en situation de crise ou d’urgence. L’éducation dans un contexte de crise n’apporte pas seulement des compétences, des savoirs, des savoirs- être et des savoir- vivre à l’enfant, mais, quand elle est de qualité, elle lui fournit une protection physique, psychosociale et cognitive qui peut à la fois aider à vivre et à sauver des vies ; elle atténue l’impact psychosocial causé par un conflit ou une catastrophe en donnant une impression de routine, de stabilité, de structure et d’espoir pour l’avenir ; elle peut transmettre des informations vitales pour renforcer les compétences de survie fondamentales et les stratégies d’adaptation ; elle peut sauver des vies en protégeant ses bénéficiaires, déjà vulnérables du fait de leur situation de réfugiés, de l’exploitation et de la maltraitance. La prise en compte de l’aspect genre est un paramètre incontournable pour la réalisation d’une éducation de qualité. Cette exigence de la communauté internationale (OMD et EPT), même en temps de paix, butte sur divers obstacles et risque donc de subir davantage de restrictions en temps de crise. Parce que l’un de ses objectifs est de protéger le droit à l’éducation afin de contribuer à l’atteinte des objectifs de l’EPT, on comprend pourquoi le CEFAN a commandé une évaluation de la prise en compte du genre dans la réponse éducation de l’intervention humanitaire en situation d’urgence dans l’Est- Cameroun. L’objectif général que le CEFAN a assigné à la présente étude était de déterminer si l’intervention éducation en situation d’urgence en cours dans la Région de l’Est- Cameroun et les réponses éducation en situation d’urgence prévues dans la Stratégie sectorielle camerounaise de l’éducation 2013-2020 prennent chacune en compte l’approche genre dans leurs mises en œuvre respectives. Cet objectif général éclate lui- même en deux objectifs spécifiques. Il s’agit de :
- relever, dans chacune des trois phases retenues de la mise en œuvre de la réponse éducation en situation d’urgence au profit des enfants réfugiés centrafricains au Cameroun, les écarts relatifs à la prise en compte du genre, ce au critère des normes consensuelles du Réseau inter-agences d’éducation d’urgence (INEE) ;

- déterminer qualitativement et quantitativement, dans le Document de Stratégie du Secteur de l’Education et de la Formation (DSSEF) 2013-2020 du Cameroun – aussi bien dans son Cadre stratégique que dans le Financement et la soutenabilité prévue du plan, les points de prise en compte du genre dans les réponses éducation en situation d’urgence retenues dans ledit DSSEF. A partir de ces informations, le CEFAN et ses partenaires se doteront des moyens d’action, de sensibilisation, de plaidoyer, d’interpellation et participation à la décision quant à la prise en compte du genre tant en ce qui concerne l’intervention en cours que pour ce qui est de la Stratégie du Secteur de l’Education (SSE) du Cameroun. Cet objectif, réfléchi qu’il est dans le Cadre d’action de Dakar, est ancillaire de cet autre, infrastructurel, lequel consiste pour le CEFAN et ses partenaires de contribuer à la réalisation des objectifs de l’EPT, principalement ceux 2 et 5. La démarche adoptée pour cette étude a été la consisté à administrer un questionnaire bien déterminé à chaque groupe d’acteurs ; à opter pour les techniques alternées de collecte des données ; à procéder à une analyse quantitative des résultats, le quantitatif objectivant le qualitatif. Des données collectées, il ressort : 1- s’agissant de la préparation de l’intervention. Des évaluations préliminaires sur les besoins éducatifs des enfants des réfugiés ont été conduites par les agences des Nations Unies et que la préoccupation genre n’a pas été prise en compte, ou tout au moins n’a pas été intégrée comme telle aussi bien dans l’esprit que parmi les objectifs de ladite évaluation. 40% seulement des normes ont été respectées quant aux évaluations préliminaires. Lorsqu’on sait, ainsi que nous l’indiquons en pédagogie plus haut, que la réalisation des objectifs EPT est gagée sur la prise en compte du genre dans l’offre d’éducation en général, et que cette prise en compte, dans le cas de la réponse d’éducation en situation d’urgence, commence en amont de cette réponse, nous concluons que la préparation de l’intervention éducation en cours en faveur des enfants réfugiés centrafricains au Cameroun n’est pas genre sensible. 2- En ce qui concerne l’intervention : les indicateurs suivants nous ont permis d’évaluer la prise en compte du genre dans la réponse éducation de l’intervention humanitaire à l’Est- Cameroun : il s’agit de l’égalité d’accès, et de la violence liée au genre. S’agissant du premier, on note que, si l’égal accès est pris en compte, il ne constitue cependant pas une préoccupation centrale de la réponse éducation dans l’intervention humanitaire en cours. Pour le deuxième, la sécurité de tous les

apprenants est assurée. Les écoles ont des règlements intérieurs prévenant et réprimant les actes de violence entre apprenants. Il n’existe cependant pas un code de conduite pour les enseignants qui les engage à ne pas exercer de violences sur les filles. 3- Au niveau du DSSEF : La SSEF 2013-2020 semble tenir l’éducation en situation d’urgence comme étant extérieure à la politique d’éducation et, par suite extérieure au système éducatif i.e. à la programmation, la planification des activités ainsi que la conduite de celles-ci. Cette éducation fait aujourd’hui partie de la politique d’éducation d’un pays. Et on peut se demander pourquoi en 2013 la cellule en charge de coordonner les « réponses aux éventuelles situations d’urgence » n’est encore qu’un projet de création. Ces constats ont débouché sur les recommandations suivantes :
-  Inscrire l’intervention éducation en situation d’urgence comme un axe stratégique, avec, au service de l’objectif général qui, aligné aux objectifs EPT et aux OMD, sera celui de l’offre d’éducation tenant compte du genre, les objectifs spécifiques dont :
-  Promouvoir l’égal accès, en vue de la parité
-  Maintenir les filles à l’école
-  Etablir un environnement d’apprentissage tenant compte du genre
-  Prévenir contre la violence (verticale et horizontale) liée au genre
-  Assurer le bien-être psychosocial des apprenantes et des apprenants
-  Réviser le DSSEF afin de s’ajuster à un environnement qui se complexifie avec les catastrophes et les conflits de plus en plus récurrents. Pour l’instant, seuls les conventions et des instruments juridiques internationaux clés sont utilisés pour promouvoir et défendre l’éducation dans les situations d’urgence. Il s’agit entre autres de la Convention relative aux droits de l’enfant, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la Convention relative au statut des réfugiés (1951). Dans cette révision, on veillera non seulement aux bonnes pratiques relatives à la gouvernance éducative mais aussi tenir compte du principe de subsidiarité.


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