LA VIOLENCE EN MILIEU SCOLAIRE AU CAMEROUN

mardi 19 avril 2011
par Céline AMANA
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La violence n’est peut- être pas si alarmante dans les établissements scolaires du Cameroun, mais elle mérite tout de même qu’on s’y attarde. Le Ministre des Enseignements Secondaires (MINESEC), en 2006, avait adressé une correspondance aux responsables des services déconcentrées pour leur demander de prendre des mesures visant à juguler le phénomène de la violence dans les établissements secondaires du Cameroun. Y a t- il preuve plus accablante que celle d’un membre du gouvernement reconnaissant l’ampleur d’un phénomène, surtout quand on sait la propension de nos autorités à couvrir toutes informations tendant à donner image négative de leur secteur de compétence ? Brimades, bastonnade, bagarres, insultes, stigmatisation, viols, constituent la typologie des violences que l’on retrouve dans nos établissements scolaires. Comme toujours, les filles sont les principales victimes de ce phénomène. Leurs bourreaux se recrutent autant du côté de leurs camarades garçons que du côté des enseignants. Les garçons leur administrent surtout des insultes, des brimades, et les violent dans une moindre une mesure, tandis que les enseignants se rendent coupables de bastonnade, de stigmatisation et de viol. Conscient de l’ampleur de ce phénomène, le Syndicat National Autonome de l’Education et de la Formation (SNAEF) a créé en 2006 un comité de non- violence dirigée par la camarade Amana Céline, qui avait pour objectif principal de diffuser la culture de la non- violence chez les élèves. Des comités de non- violence ont été créés dans les établissements scolaires et fonctionnent avec des bonheurs différents parce que le MINESEC n’a pas approuvé leur existence. Il a affirmé au secrétaire général du SNAEF avoir déjà pris toutes les mesures pour éradiquer le phénomène et ne voyait plus la nécessité pour que le syndicat s’y implique. En réalité, notre gouvernement se méfie de toute initiative émanant des syndicats qu’il tolère seulement faute de pouvoir les dissoudre. De nombreuses études menées par des ONG bien après les « mesures » prises par le MINESEC montrent que le phénomène n’a pas baissé d’ampleur. Dans le cadre de la coalition de l’EPT du Cameroun, notre fédération a participé à une étude sur la faisabilité d’un code de conduite de l’enseignant en vue de lutter contre la violence faite aux filles en milieu scolaire. Il y est apparu que la législation protégeant les enfants en général et la jeune fille en particulier était si éparpillée qu’elle rendait difficile la poursuite des auteurs de ces violences. A cet éparpillement, il faut ajouter la culture de la peur qui fait que la jeune fille a du mal à dénoncer le fautif, surtout s’il s’agit d’un viol. Mais il faut dire que la plupart des violences en milieu scolaire se localisent dans les établissements scolaires publics où les effectifs sont pléthoriques, et la discipline incontrôlable. Lutter contre les effectifs pléthoriques, c’est s’engager à trouver une solution au problème de la violence en milieu scolaire.


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