LE SYSTEME DE SANTE DU CAMEROUN EN DEBAT

dimanche 12 juin 2016
par Administrateur FECASE
popularité : 21%

Vendredi 10 juin, le système de santé du Cameroun a été évalué par les participants au "débat politique" mensuel institué par la Fondation Friedrich Ebert.

Le système a été analysée sous quatre angles correspondant aux thèmes abordés par les membres du panel : l’état des lieux, la formation médicale, les conditions de travail et de vie du personnel médical, la problématique des mutuelles de santé.

Des propos du premier orateur, journaliste de profession, on retiendra que la carte sanitaire du Cameroun est riche de 2387 formations sanitaires divisées en 6 catégories, que le budget de la santé était de 236 milliards de francs en 2016, représentant 5% du budget de l’État. Enfin, que le public représentait 70% de l’offre de santé et le privé 30%. Ce tableau qui paraissait reluisant de prime abord semblait manifester la volonté des pouvoirs publics de prendre à bras le corps la santé des camerounais. C’était oublier que les plateaux techniques des formations sanitaires sont pour la plupart obsolètes, vétustes, mal entretenus ; que la disponibilité du médicament essentiel est problématique ; qu’il n’y a qu’un médecin pour 13000 habitants et 13000 infirmiers dans les formations sanitaires publiques. En un mot, il y a un déficit de qualité dans les soins que les camerounais reçoivent.

Sur le plan de la formation, le médecin du panel a montré qu’après un moment de relatif désordre, l’ordre est revenu dans le secteur de la formation médicale avec l’harmonisation des concours d’entrée, de sortie et des curricula. Cependant, il y a un déficit du personnel d’encadrement et les hôpitaux d’application sont mal équipés.

Le syndicaliste amis en évidence les conditions de travail déplorables des travailleurs du secteur, la mauvaise gouvernance administrative et financière, un déficit de 57000 personnels. Il a enfin soutenu que le secteur était sous financé car, l’OMS demande que 15% du budget soient affectés à la santé. Le dernier intervenant a montré que la création des mutuelles se présente comme la porte du salut pour les citoyens face à la démission de l’État et à la généralisation de la précarité.

Lors du débat, les participants se sont inquiétés de la marchandisation rampante dans le secteur public de la santé qui fait des hôpitaux publics des mouroirs. Ils ont par ailleurs relativisé le salut que pourrait constituer les mutuelles et ont plutôt proposé que les citoyens amènent l’État à ne pas démissionner de ses prérogatives. Certains, plus extrémistes, n’ont vu la possibilité du changement dans la santé que dans la perspective globale d’un changement de régime politique. Le débat était vraiment vif et engagé.


Agenda

<<

2019

>>

<<

Octobre

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
30123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031123
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois