POLEMIQUE AUTOUR DE LA MOYENNE D’ADMISSION AU BACCALAUREAT

jeudi 14 juillet 2016
par Mbassi Thobie
popularité : 1%

Les résultats des examens de la session 2012 sont connus. Au bac, le taux de réussite est de 53,30%, contre 39,40% en 2011 ; s’agissant du probatoire, il est 37,93% contre 39,87% en 2011.

Du côté du sous- système anglophone, les taux sont les suivants :

  1. GCE Advanced Level 55,70% contre 76,99% en 2011 ;
  2. Pour le Ordinary Level 42,88% contre 43,51% en 2011.

Comme on peut le constater, les taux de réussite ont baissé sauf au baccalauréat. Ces résultats du bac ont donné lieu à une polémique s’agissant de la moyenne d’admission. Les journaux ont ouvert le débat en affirmant que les candidats ont été reçus avec une moyenne de 08,50/20, ce que conteste le Directeur de l’Office du Baccalauréat du Cameroun (OBC) qui soutient que les candidats ont bien été reçus avec une moyenne de 10/20.

Cette polémique relance en fait le débat sur la valeur des parchemins que nous délivrons à nos élèves. Pour avoir nous-mêmes assisté à certaines délibérations, nous pouvons dire que bon nombre de candidats ne sont pas déclarés admis avec la moyenne de 10/20.

Après les corrections, le conseil des examens, après avoir analysé les procès verbaux des jurys témoins et les rapports des chefs de salles de correction, siège pour déterminer d’une part, le nombre de points à ajouter aux candidats dans des épreuves qui auraient présenté certaines difficultés pour eux, et d’autre part la moyenne qui, après cette opération, sera retenue pour la délibération.

Concrètement, cela signifie que le candidat X ayant reçu par exemple dix points au total (comme tous les autres), se retrouve avec une moyenne de 09.5/20 ; il faudra encore lui ajouter des points dans certaines disciplines pour qu’il se retrouve avec la moyenne de 10/20. Ce qui signifie qu’en réalité, le candidat X a été reçu avec moins de 09/20. Et c’est ce qui en réalité se fait à tous les examens, et il semble qu’au B.E.P.C, cette « harmonisation » fait que la note d’admission réelle est de 07/20. Le gouvernement qui ne souhaite pas des remous veut donner l’impression aux populations que l’éducation est sa priorité. L’école qui est restée le seul ascenseur social objectif préoccupe les parents, et des résultats catastrophiques pourraient créer de la mauvaise humeur qui peut donner lieu à des débordements, alors on les caresse dans le sens du poil.

Ajouter des points n’est pas absolument une mauvaise pratique ; à la lumière des difficultés que peut présenter une épreuve, cette décision est légitime. Mais, ajouter parfois cinq points avant la note coefficiée doit nous amener à nous interroger sur la qualité même des inspecteurs qui laissent passer de telles épreuves.

En fait cette pratique doit nous conduire à jeter un regard critique sur tout notre système :

  • comment sont formés les enseignants ?
  • Dans quelles conditions travaillent- ils ?
  • Ont- ils les moyens de produire des enseignements de qualité ?
  • Les élèves ont- ils leurs manuels, et font- ils leur travail une fois rentrés à la maison ?

C’est toute cette chaîne qu’il faut revisiter afin de trouver des solutions idoines aux problèmes des échecs scolaires. Et c’est ce que proposent les syndicats de la FECASE. A cette voie de la sagesse, le gouvernement oppose refus du dialogue et fuite en avant.


Agenda

<<

2019

>>

<<

Septembre

>>

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2627282930311
2345678
9101112131415
16171819202122
23242526272829
30123456
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois

Brèves

8 septembre 2017 - LE CEFAN RECOIT LA MISSION D’OXFAM

La coalition EPT du Cameroun a reçu la visite de M. Ohene Boateng d’OXFAM qui est la structure en (...)