DES MOUVEMENTS DES PERSONNELS APRES LA RENTREE SCOLAIRE

lundi 11 septembre 2017
par Administrateur FECASE
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Après le démarrage de l’année scolaire, le ministre des Enseignements Secondaires (MINESEC) vient de procéder à des mouvements des personnels qui provoquent des grincements de dents chez les enseignants. Dans un système normal, les enseignants et les responsables d’établissements scolaires sont affectés avant le début de l’année scolaire. La pertinence de cette démarche ne peut échapper même à ceux qui ne sont pas allés à l’école. On peut donc s’étonner que des dirigeants, tous enseignants de formation, procèdent à des mutations d’enseignants une semaine avant la rentrée scolaire et effectuent un bouleversement gigantesque des responsables dans les établissements après le rentrée scolaire. Avec tous les moyens techniques qu’offrent les TIC et dont dispose le MINESEC, l’on est surpris qu’elles ne soient pas mises à contribution pour faciliter l’exercice des mutations. Si nous partons du fait que les moyens technologiques et les ressources humaines existent pour effectuer ce travail et le publier dans les délais raisonnables, la conclusion logique que nous pouvons tirer de cette décision est que le sort de l’enseignant n’est pas la grande préoccupation des responsables du MINESEC. Cela cadre très bien avec la place que ce gouvernement accorde à l’éducation. Au delà des slogans somme toute démagogiques sur la priorité que constituerait l’éducation, la réalité toute nue montre que le Cameroun est un des pays qui finance le moins l’éducation. Le budget de ce secteur stagne autour de 16% alors que le pays a pris des engagements pour plafonner ledit budget à 22%. Quand l’on s’arrête aux conditions de vie et travail des enseignants, elles achèvent de convaincre les plus sceptiques du peu d’intérêt que notre gouvernement porte à l’école : statut des enseignants signé en 2000 et appliqué à dose homéopathique au forceps, mutations et congés sans frais de relève, matériel didactique à la charge des enseignants... Voilà donc de nombreux enseignants qui avaient déjà inscrit leurs enfants dans des écoles avec tout ce que cela implique : achat des tenues et des livres, paiement des pensions... et à qui on va imposer des dépenses supplémentaires, sans compter l’épineux problème problème de recrutement de leurs enfants dans leurs différents lieux d’affectation. Quand on y ajoute le déménagement et le transport pour rejoindre le poste de travail, on va certainement tourner autour du million pour ceux qui ont été envoyés dans le grand Nord. Et ils sont très nombreux. Ils vont devoir s’endetter par la faute de L’État qui les balance pour certains à plus de 1000 km sans leur donner les frais de relève. Connaissant les revenus des enseignants et après avoir préparé la rentrée scolaire de leurs enfants, il ne leur restera que le choix de laisser leurs familles sur place et d’aller seuls au front, pendant que leurs bourreaux coulent les nuits douces auprès de leurs conjoints et enfants. Le virus de la désunion est ainsi injecté dans les familles. Heureusement pour ces cyniques, les enseignants camerounais constituent l’exemple même d’une foule qui ne sait pas faire foule. Et ils seront toujours traités ainsi tant qu’ils ne s’engageront pas dans les organisations syndicales, les seules qui peuvent les défendre contre l’arbitraire et le cynisme.


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