L’Etet bloque le fonctionnement des établissements secondaires publics

mercredi 26 décembre 2018
par Administrateur FECASE
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Au début de l’année scolaire en cours, le ministre des Enseignements Secondaires a pris unilatéralement la décision de digitaliser le paiement des frais exigibles des élèves des lycées et collèges. Jusqu’à la fin du premier trimestre, cet argent est encore bloqué au trésor public, hypothéquant ainsi le fonctionnement des établissements publics relevant de son ministère.

Jusqu’à l’année scolaire passée, les élèves payaient leurs contributions exigibles dans les établissements scolaires publics auprès des intendants et des économes. Celles-ci sont destinées au fonctionnement desdits établissements et sont réparties selon des rubriques bien précises. Cet argent collecté auprès des élèves est directement utilisable dès le paiement. Jusqu’ici, les choses se sont déroulées ainsi, sans que les responsables en charge de l’éducation, ni les parents se plaignent de cet état de choses. Les lourdeurs ont commencé quand le ministère des finances a ordonné que ces contributions soient déposées dans les comptes du Trésor public au motif que la loi l’exige. Or, le décret N° 2001/041 du 19 février 2001 portant organisation des établissements scolaires publics et attributions des responsables de l’administration scolaire, plus récent que la disposition invoquée par les responsables du ministère des finances, en son article 39 dit expressément que l’intendant ou l’économe « collecte les contributions exigibles et tous les fonds reçus à l’établissement ». La mesure a commencé à être exécutée depuis l’année passée. Les chefs d’établissements se plaignaient déjà qu’ils n’étaient pas nécessairement privilégiés lors de la pénurie des liquidités. Ils finissaient quand même par être payés à force d’insistance. Avec la nouvelle mesure du paiement digitalisé, les choses se sont davantage compliquées au point où, jusqu’à la fin du premier trimestre, nos lycées et collèges attendent toujours les contributions exigibles déposées au trésor public via les opérateurs de transfert d’argent. Le principe d’unicité des caisses de l’Etat implique que la provenance des fonds déposés au Trésor public ne détermine pas la dépense publique. En termes clairs, l’Etat utilise les fonds disponibles pour les activités et les projets présents, sans se soucier du destinataire des fonds. L’argent destiné aux établissements publics a donc été affecté à d’autres activités que l’Etat a jugé prioritaires. Les établissements publics du secondaire seraient aujourd’hui en cessation d’activité n’eurent été les fonds des associations des parents d’élèves et d’enseignants (APEE) et des usuriers chez qui les chefs d’établissements s’obèrent fortement pour maintenir leurs structures en vie. Est-ce normal pour un service public dont on dit être la priorité du gouvernement et qui est en charge de la formation du Cameroun de demain de se ravitailler dans l’informel pour assurer des missions de service public ? Cette situation renseigne sur le degré de considération de l’éducation par le régime actuel. Le plus inquiétant est l’apathie des parents et du corps enseignant. Comme de véritables stoïciens, chacun souffre et endure l’épreuve en silence, sans oser interpeller publiquement le gouvernement, encore moins envisager des actions de protestation. Les syndicats ont lancé le cri d’alerte au Premier ministre et entendent se mobiliser si la situation ne change pas au début du trimestre prochain. La situation sus décrite pose un problème plus profond, celui du financement de l’éducation au Cameroun. Selon le RESEN, notre pays est l’un de ceux qui financent le moins l’éducation publique. La tendance à diminuer le financement des établissements du secteur public de l’éducation et à solliciter de plus en plus celui des ménages accentue la privatisation de l’éducation, laquelle va déboucher sur l’exclusion des enfants des ménages les plus démunis de l’éducation. Pour parer au plus pressé en attendant la tenue des assises du Forum national de l’éducation où l’on étudiera les possibilités les plus efficaces du financement de l’éducation, les syndicats ont proposé au premier ministre les deux mesures suivantes :
- rapporter la décision du ministre des enseignements secondaires de faire payer les frais exigibles dans les compagnies de téléphonie mobile ;
- autoriser à nouveau les chefs d’établissements scolaires à ouvrir des comptes dans des banques privées comme cela était le cas pour éviter les différents blocages.


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