LA CSP et la Journée Internationale du Travail

vendredi 29 avril 2011
par Bikoko Agnès Béatrice
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La CSP persiste et signe : l’initiative de l’organisation des manifestations de la Journée Internationale du Travail revient aux syndidats.

Les manifestations du 1er Mai doivent être organisées par les organisations syndicales et non par le Gouvernement comme c’est le cas actuellement. Telle est la position officielle de la Centrale Syndicale du Secteur Public (CSP). Pour cette confédération, le défilé des travailleurs devant les pouvoirs publics et les employeurs est une véritable absurdité. Il ne s’agit ni plus ni moins que de la caporalisation et de l’infantilisation.

Durant ses cinq premières années d’existence, la CSP a scrupuleusement respecté cette position à travers les manifestations parallèles organisées dans un premier temps en partenariat avec un de ses alliés, la CGT-Liberté légitime, et depuis 2007 par la CSP seule. A chacune de ces sorties, les dirigeants de cette confédération profitent de l’opportunité qui leur est offerte pour réitérer leur revendication, à savoir que le Gouvernement se dessaisisse de l’organisation des manifestations relatives à la célébration du 1er Mai comme cela se passe dans tous les pays à travers le monde. Car pour eux, le Cameroun ne saurait continuer de se prévaloir d’être un état démocratoique tout en continuant de perpétuer des pratiques d’embrigadement d’une autre époque.

SIGNIFICATION DU 1er MAI la journée Internationale du Travail, plus connue au Cameroun et un peu partout en Afrique sous l’appellation "Fête du Travail" est placée sous un double signe. La commémoration des martyrs de Chicago à Heymarket (aux USA) en 1886, des travailleurs persécutés et assassinés par les employeurs et les gouvernants parce qu’ils revendiquaient l’amélioration de leurs conditions de travail et de vie d’une part, et la célébration de leur victoire sur les employeurs, la victoire de la non violence sur la violence d’autre part, car les camarades sont certes morts, mais ils ont obtenus ce qu’ils revendiquaient, ce dont nous bénéficions aujourd’hui à savoir, la journée de travail de huit heures, le repos hebdomadaire obligatoire, les congés payés, etc.

Les faits tels que rapportés ci-dessus n’autorisent pas le Gouvernement et les employeurs à organiser les manifestations afférentes à cette jouréne. Le 1er Mai ne saurait être un moment de parade et de réjouissances comme cela se fait aujourd’hui dans notre pays. Le 1er Mai à travers le monde est un jour de funérailles, il représente pour tous les travailleurs un moment de revitalisation de leur engagement militant en faveur de la lutte pour le progrès social. Un appel à la mobilisation afin qu’ensemble, unis dans la lutte, ils puissent obtenir même au prix de sacrifices, l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail, comme l’ont fait ceux dont nous commémorons chaque année le martyr, les camarades de Chicago.

Le 1er Mai au Cameroun Au Cameroun, le 1er Mai est totalement dévoyé. Il constitue pour les gouvernants, un moment de propagande et d’affirmation de leur pouvoir, et pour les employeurs un alibi pour une vaste campagne publicitaire gratuite. Malheureusement pour les partisans du Syndicalisme Libre et Indépendant, ce jour, de nombreux travailleurs transformés en infanterie et en poteaux publicitaires, corrompus et endormis par les pagnes, tricots et casquettes spécialement imprimés et distribués, défilent fièrement devant leurs redoutables adversaires, abusivement appelés partenaires. A la fin de ces parades humiliantes, certains de ces travailleurs, gavés de nourriture et abrutis par les alcools, finissent par considérer leurs bourreaux comme des bienfaiteurs, heureusement le temps d’une journée.

Revendication de la CSP Au vu de ce qui précède et au nom de l’orthodoxie syndicale, la CSP revendique l’initiative de l’organisation des manifestations de la Journée internationale du Travail par les syndicats. Le 1er Mai doit recouvrer toute sa spécificité afin de restituer à l’événement toute sa légitimité. Il faut qu’à ces manifestations qui ressemblent aujourd’hui comme une goutte d’eau à celles du 20 Mai, soient substituées des manifestations plus citoyennes, caractérisées par la libre mobilisation des travailleurs à travers leurs organisations en vue de l’expression claire de leurs revendications. Les modalités d’implication du Gouvernement et des employeurs à ces manifestationsz pourraient être négociées dans le cadre du tripartisme promu par l’OIT.

En attendant la concrétisation de cette éventualité, la CSP entend poursuivre l’organisation des manifestations de la Journée Internationale du Travail dans ses installations à Mvog Ada. Les dirigeants de cette confédération souhaitent pour ce faire que toutes les dispositions soient prises pour éviter comme par le passé, une énième altercation avec les forces de l’ordre.


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