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lundi 28 mars 2011
par Phoueth Foe Maurice Angelo
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PARAMETRES D’UNE ECOLE D’INTEGRATION

LA PEDAGOGIE INITIATIQUE

La mission de l’Ecole Nouvelle consiste en la transformation, la protection du milieu ainsi que la réalisation du projet global du monde. Elle se définit en fonction de trois principes fondamentaux : humanisme, décentralisation, participation. Dans ce projet éducatif, tous les jeunes d’une génération ; au terme de leur formation ; doivent avoir la maîtrise du savoir universel et être en mesure de s’impliquer effectivement dans la transformation de la vie et du monde. Il leur faut donc avoir non seulement des aptitudes à l’action sociale mais aussi une conscience planétaire. Cette vision de l’école exige un changement de cap pédagogique.

La pédagogie initiatique semble à première vue une tautologique. L’initiation étant elle-même une pédagogie. Seulement ; percevoir ce groupe nominal dans le sens d’un simple pléonasme ; c’est méconnaître la fonction idéologique des mots. La pédagogie tout comme l’initiation ne sont jamais neutres. L’une et l’autre sont fonction du type d’école ou de société qu’elles servent. LEcole nouvelle ; instrument d’intégration sociale ; s’appuie sur la pédagogie initiatique à l’opposé de l’école coloniale qui applique la pédagogie élitiste.

Un regard sur les méthodes pédagogiques en vigueur dans nos écoles révèle qu’au-delà de leur diversité, ces méthodes conservent leur connexion étroite à l’école coloniale dont l’objectif fondamental est de cultiver le complexe d’infériorité chez le colonisé. Il faut pour cela, promouvoir une "élite" qu’on maintient dans l’illusion d’être plus proche du colon que les autres nègres ; une sorte d’indigènes évolués. Les méthodes pédagogiques actuelles ont donc pour rôle de renforcer la discrimination et la ségrégation.

D’un côté elles établissent une cloison étanche entre l’enseignant et l’enseigné. L’élève reste définitivement élève sans jamais ressembler à son maître. Il n’est cependant pas exclu que l’élève à son tour devienne le maître d’un élève et ainsi de suite. Quel peut être le sens de l’évolution du savoir dans un tel processus ? De l’autre côté, ces méthodes intègrent l’échec comme mode de rapports entre l’individu et le groupe. L’individu qui réussit développe un complexe de supériorité : celui de mériter un statut social privilégié que les échoués convoiteront sans jamais y parvenir. En revanche, l’individu qui échoue se culpabilise et développe le sentiment de marginalisation. Cette situation provoque alors des frustrations qui ouvrent la voie à toutes sortes de comportements ignominieux : tricherie, trafic de diplômes, corruption, etc.

Il n’est donc pas surprenant que notre société cultive la mentalité de débrouillardise généralisée. L’absence d’une organisation rationnelle fondée sur des idéaux de vie communautaire l’éloigne de plus en plus des réseaux modernes de progrès. S’ensuivent ainsi l’enlisement, la misère et le chaos.


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