SIDA ET ECOLE

mardi 29 mars 2011
par Paul OMBIONO
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Le VIH/SIDA est un astéroïde qui percute brutalement la planète scolaire. L’impact est terrible et effroyable sont les dégâts. Nous devons réagir, pour sauver notre planète. Tous et tout de suite.

Il est aujourd’hui indéniablement démontré que c’est au sein de l’école que l’on rencontre la population la plus atteinte car c’est elle qui sexuellement la plus active. Logiquement, c’est le lieu idéal pour une éducation sanitaire viable - et donc pour une prévention efficace du VIH/SIDA - parce que les enfants sont sensés y acquérir les savoirs-être et les savoirs-faire ; et les enseignants doivent faire montre d’une discipline rigoureuse sur le plan sexuel. Paradoxalement, c’est le lieu où la maladie se développe le plus, fait le plus grand nombre de victimes et engendre du même coup des dysfonctionnements dans un système éducatif qui souffre déjà de bien d’autres maux. Se pose alors le problème du fondement de ces dysfonctionnements, leurs manifestations dans le but de rechercher des solutions pour les résorber.

Le SIDA n’est pas seulement un drame social parce qu’il fait des orphelins, il constitue aussi une catastrophe sur le plan éducatif, en ce sens qu’il réduit la demande d’éducation. Car les orphelins du VIH/SIDA, de plus en plus nombreux du fait de la progression de la pandémie, ainsi que les morts du SIDA ne peuvent plus aller à l’école. La pauvreté ambiante ne permettant pas toujours aux familles d’accueil desdits orphelins de répondre favorablement à leur demande d’éducation. Faut-il le rappeler, la population scolaire et universitaire, étant la plus sexuellement dynamique, enregistre par conséquent le taux de mortalité le plus élevé dû au VIH/SIDA.

Aussi bien, le SIDA réduit l’offre et la qualité d’éducation en diminuant l’offre et la qualité d’éducation en diminuant le nombre d’enseignants et ainsi que leur compétence. En effet un enseignant atteint de cette maladie s’absente de façon chronique et ne peut assurer la couverture intégrale des programmes scolaires. Et quand il vient à décéder, surtout dans les zones rurales, lesquelles ne sont pas bien pourvues en enseignants, les élèves sont abandonnés à eux-mêmes. Et lorsque, comme c’est le cas en République Centrafricaine, un nombre important d’enseignants est atteint du VIH ou est mort de SIDA l’Ecole est alors carrément fermée ! au minimum, les élèves se contentent d’une formation approximative. En Zambie par exemple, deux enseignants décèdent pour un nouvellement formé.

Au Cameroun, et sur le plan professionnel, l’impact est tout aussi important ; outre la fermeture de certaines écoles construites à grands frais, l’Etat est obligé d’investir davantage dans la formation des enseignants. Or, la formation d’un enseignant, coûte 675 000 F CFA à l’Etat. Remplacer les professeurs malades ou décédés lui coûterait 1,44 milliards de FCFA pour environ 2500 enseignants par an.

Cependant, malgré la sévérité de ces quelques chiffres, il n’y a pas lieu de démissionner. Il est plutôt impérieux de trouver les moyens de résorber ces dysfonctionnements, mieux de les prévenir. Il devient par conséquent nécessaire et urgent d’introduire l’éducation à la santé, et particulièrement des cours de prévention du SIDA dans les programmes scolaires officiels, et ce dès l’école primaire. Il doit ainsi naître un nouveau parténariat MINESEC-MINSANTE où les établi etssements scolaires bénéficieraient des personnels compétents des structures adéquates au lieu de se limiter à des campagnes sporadiques. L’expérience ougandaise est ici à suivre : "un programme de deux ans d’éducation sanitaire a permis de faire baisser de 42,9% à 11,1% la portion des enfants ayant déjà eu des rapports sexuels en dernière année d’école primaire.

Pour un groupe test, soumis uniquement aux campagnes de prévention nationales hors système scolaire, aucun changement comportemental significatif n’a été relevé. Cette expérience enseigne que l’on obtient de meilleurs résultats quand on utilise les pairs-éducateurs. Avec ceux-ci élèves et étudiants sont en effet mieux sensibilisés, parce que, étant sensiblement de la même tranche d’âge, les premiers peuvent librement s’entretenir avec les seconds. Il est en effet reconnu qu’il est plus facile de parler de sexualité avec un copain qu’avec un enseignant âgé et autoritaire.

Vivement que ces expériences prennent pied au Cameroun, afin que le SIDA soit bouté hors de notre communauté éducative.


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