CAMPAGNES ELECTORALES ET PROMESSES

vendredi 29 avril 2011
par Thobie MBASSI ONDOA
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L’on reconnaît le maçon au pied du mur. Mais que devient le maçon quand il n ya pas de mur ? Quand pendant 07 ans il n’a pu construire le mur éducatif promis ?

Pendant la campagne électorale du septennat qui va s’achever, le Chef de l’Etat s’était engagé, s’il était reélu, à veiller "à ce qu’un effort important soit fait pour améliorer la qualité de l’enseignement à tous les niveaux, le but étant que l’éducation dispensée au Cameroun devienne une formation enviée par les autres pays". Pour rendre concrète une école de qualité, il promettait "de procéder à une refonte des programmes scolaires, afin de mermettre aux jeunes d’acquérir la maîtrise de la science et de la technique", et d’accroître notre effort de construction des lycées, de collèges et écoles. Il s’engageait aussi à réhabiliter les programmes d’alphabétisation dans les campagnes.

A la fin de ce deuxième septennat, on peut vérifier sans polémique et à tous les niveaux que rien n’a été fait pour quel’éducation dispensée au Cameroun devienne une formation enviée par les autres pays. La reflexion qui a été menée à l’enseignement supérieur en septembre 1999 visait plus à domicilier la formation doctorale aux universités de Yaoundé I et II. En dehors de cela, rien n’a fondamentalement changé.

Au niveau du secondaire, l’unique innovation a été l’introduction formelle de l’enseignement de l’informatique. Mais il n’est pas besoin d’être sorcier pour comprendre que cette instruction ne peut pas s’actualiser, puisqu’on n’a pas au préalable formé les enseignants en la matière. Qui plus est, le matériel informatique est inexistant dans les établissements scolaires, le pourvoi en ordinateurs s’étant arrêté à deux Lycées de Yaoundé. Ajoutons qu’il faut de l’électricité pour faire marcher un ordinateur, et 95 % de nos établissements scolaires en sont dépourvus.

Au Minesec même, la pédagogie reste le parent pauvre alors qu’elle est la raison d’être de ce département ministériel. Il n’y a qu’à voir comment sont parqués les Inspecteurs Pédagogiques pour comprendre que le souci de ce côté est loin de celui de l’amélioration de la qualité de l’enseignement.

Pour ce qui est la construction des établissements scolaires, on sait que beaucoup sont créés sur le papier, la charge de les rendre effectifs revenant aux parents d’élèves.

Quant aux campagnes d’alphabétisation, elles n’ont existé qu’en terme de promesses de campagne électorale. Quant aux conditions de vie et de travail des enseignants, ce ne serait pas du dénigrement si on affirmait qu’il y a longtemps qu’ elles ne font plus partis des soucis du Chef de l’Etat. A la fin du deuxième septennat peut-on dire que le Chef de l’Etat a rendu notre système éducatif enviable ? La réponse est évidemment non. Et cela est si vrai que les jeunes camerounais se bousculent de plus en plus aux portes des institutions scolaires étrangères, les enfants de nos gouvernants en tête. Les résultats des examens sont toujours catastrophiques. Certainement, pendant la campagne électorale à venir, on aura encore droit aux mêmes promsesses, sans faire le bilan des premières. Chaque membre de la communauté éducative devra alors lucidement s’interroger sur la crédibilité de nos dirigeants à réaliser dans les sept prochaines années, ce qu’ils n’ont pas pu faire pendant quatorze dernières années. Et pour percevoir l’enjeu de cette interrogation, il devra méditer les faits suivants :

- pendant qu’un policier perçoit son salaire trois mois au plus tard après la fin de sa formation, pourquoi l’enseignant perçoit-il le sien au plus tôt deux ans après sa formation ? Pourquoi les élèves de certaines écoles de formation sont fonctionnaires dès leur entrée de l’école, ceux des Ecoles Normales Supérieures le sont après leur sortie et après bien des tribulations ?

- Pendant que les écoles manquent d’enseignants, comment expliquer le recrutement dans les appareils repressifs ?

- Comment comprendre que l’Etat dépense des centaines de milliards de francs pour l’achat des voitures alors que les infrastructures pour une école de qualité sont inexistantes ?

- Pourquoi n’y a-t-il pas de policiers, de gendarmes, de militaires vacataires quand les enseignants le sont ?


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