GESTION DU PERSONNEL ENSEIGNANT : QUAND LE CENTRALISME REGIONAL RIME AVEC LE CLIENTELISME ET LE NEPOTISME DANS LE SUD DU PAYS

jeudi 21 avril 2011
par Aimé Parfait MVE ATANGANA
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Au même titre que la décentralisation, la lutte contre la corruption, la déconcentration constitue un des axes prioritaires du vaste chantier de la gouvernance publique et de la modernisation de l’administration camerounaise.

Si la décentralisation s’inscrit dans un cadre constitutionnel (constitution du 18 janvier 1996, lois d’orientation de 2004), la déconcentration de la gestion du personnel enseignant dont il est question ici s’enracine dans le nouvel organigramme MINESEC et MINDEDUB. Dans l’une comme l’autre, il s’agit de la gestion des affaires locales au niveau le plus approprié qui est l’échelon régional . Cette dévolution des compétences et des ressources s’inscrit dans un souci de rationnalisation et d’efficience de la gestion du personnel enseignant pour une meilleure répartition par établissement et par discipline.

Cependant, le tableau qui est brossé de ladite déconcentration de la gestion du personnel s’inscrit aux antipodes de la réalité telle que observée empiriquement dans la région du Sud. Les compétences transférées aux Délégués Régionaux constituent une épée de Damoclès qui mine les objectifs pourtant judicieux de modernisation de l’administration et de la gouvernance publique. Le souci de rapprocher la gestion du personnel enseignant au niveau local le plus approprié se heurte à l’incurie, aux appétits, et aux fluctuations pulsionnelles des Délégués Régionaux. Il serait fastidieux de décliner tous les disfonctionnements et leurs forfaitures.

Comment ne pas s’indigner de ces affectations sélectives et orientées du personnel enseignant au gré des intérêts qui n’ont qu’un lointain rapport avec les besoins réels des établissements ? A titre illustratif, on ne peut que déplorer le contraste saisissant entre le Lycée de NKOEMVON qui compte à lui seul 07 professeurs de Français, le Lycée Technique de NKOLANDOM qui en compte 03 et tout l’Arrondissement de MVENGUE qui n’en compte qu’un seul pour 04 établissements scolaires ! La situation de l’Arrondissement de Mvengue en personnel enseignant est plus alarmant pour ne pas dire totalement sinistrée pour ce qui concerne toutes les autres disciplines. Pas de professeur de Philosophie, de sciences physiques, d’anglais.... Il y a lieu de s’interroger sur les motivations réelles du Délégué Régional dans sa répartition des enseignants par établissement, tellement les ratio nombrfe de salles de classe/enseignants est disparate en fonction des localités et des établissements scolaires.

Souvent présentée comme une technique de gestion administrative qui permet une meilleure utilisation des ressources, dans la région du Sud, la déconcentration ne semble pas vibrer en phase avec les buts et objectifs que le gouvernement lui a assignés. Au Sud, la gestion du personnel enseignant obéit à des critères obscurs qui frisent le clientélisme, le népotisme et les règlements de comptes. Dans ce contexte, on peut se demander s’il n’est pas plus judicieux de ramener la gestion du personnel enseignant au niveau central pour éviter l’arbitraire régional et les maux qu’il charrie.


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