La gratuité de l’Ecole primaire Publique

jeudi 21 avril 2011
par AMANA Céline Nathalie
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Jusqu’où la misère des enseignants peut-elle s’étendre ?

Des choses étranges se passent dans le milieu enseignant. De l’Education de base aux Enseignements secondaires, le phénomène d’arnaque, d’escroquerie ou de mendicité semble se généraliser.

Des frais alloués aux évaluations de fin de séquence dans les écoles primaires font l’objet de toutes sortes de spéculations visant à enrichir les différents maillons de la chaîne des intervenants.

Qu’est-ce qui se passe ? A la fin de chaque séquence, chaque parent réserve une somme d’argent en vue de faire saisir et de multiplier les épreuves relatives aux évaluations de ses enfants. Il se tisse alors des réseaux mafieux qui ont pour objectif de rentabiliser cette période d’évaluatiion. La pratique consiste à recouvrer de l’argent auprès des chefs d’établissements à travers des mécanismes compliqués de partage qui font le bonheur des enseignants qui ont perdu leur dignité. Sur 500f que verse chaque élève par séquence, le maître reçoit 100 Fr CFA par élève de sa classe, le Directeur 50f par élève. Les 350 Francs restant par enfant vont tout droit vers "l’Inspecteur"qui supervise le réseau mafieux. Celui-ci à son tour va fire saisir quelques épreuves, ne tenant compte ni des réalités pédagogiques,ni de la psychologie des élèves. L’essentiel n’est- il pas d’avoir son "magot" en poche après avoir rempli quelques formalités pédagogiques ? L’opération de saisie-multiplication ne prenant que 250 Francs par enfant, le fameux réseau coordonné par Monsieur l’Inspecteur reste avec 100 Francs par élève. Allons donc faire la multiplication de ce reste par le nombre d’élèves d’une classe, d’une école et de la somme des écoles qui sont sous le commandement de l’Inspecteur !

Cette pratique, dans le contexte de pauvreté qui est le nôtre, enfonce davantage les parents dans la pénurie, et engendre ainsi des frustrations diverses quand on sait que l’école primaire est gratuite au Cameroun. Elle motive aussi l’engorgement des classes et crée la ruée vers celles qui ont des effectifs pléthoriques dans le but manifeste d’avoir à chaque fin de séquence 100 Francs x n élèves.

Ailleurs et sous d’autres cieux, non loin de la capitale Politique de notre Pays, c’est la récolte de ces frais en début d’année scolaire par le chef d’établissement, qui font office de frais exigibles. D’ailleurs on ne peut être admis en salle de classe qu’après avoir payé cette somme. Soit 2000 pour le niveau I et 3000 pour les niveaux II et III. Conséquence, les chefs d’établissements, par manque d’organisation et incapables de résister à l’attrait du magot, utilisent cet argent comme le leur en oubliant la finalité pour laquelle il est collecté. Ainsi, à partir de la 3ème séquence, l’argent n’existe plus, les séquences deviennent longues, car il faut attendre la période des salaires pour pouvoir prélever quelque chose et faire semblant de remplir les formalités pédagogiques.

Les mêmes écoles prélèvent 1000 Francs aux parents par enfant au travers de leur chef d’établissement pour l’accès à la salle d’informatique. Voici deux ans que les cours d’informatique se font de manière théorique ; pas de pratique, et l’on vous dira que les machines sont en panne. Les élèves des CM2 partiront sans jamais avoir touché ni au clavier, ni à la souris, certains même se demandent de quoi il est question.

A quelque pas et dans la même ville, non loin de Yaoundé, dans un Lycée de la place, une organisation mafieuse autour du carnet médical a pris une importance capitale défiant même celle des frais exigibles et des frais d’examens. Notons que ce livret coûte 1000 Francs. Il faut l’avoir chaque année, mais ne l’ayant pas utilisé dans les années passées, il faut toujours l’acheter si non, vous verrez vos enfants perdre les cours des journées entières, et même perdre une évaluation.

A la fin on se demande à quoi sert ce document qui est rejeté dans les centres de santé de la localité et l’établissement lui-même ne dispose pas d’une infirmerie.

La FECASE, doit prendre en charge ce dossier afin de mettre fin au calvaire des parents pris en otage par des enseignants véreux.


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