Réflexion sur l’amélioration des conditions de travail des enseignants et des conditions d’étude des apprenants :

mercredi 4 mai 2011
par Rigobert NTEP
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Plan

I- LE PROBLEME ET SES DIFFERENTS CONTOURS

– I.1- Aspect légal et réglementaire – 1.2- Aspect environnemental (hygiène et santé) – I.3- Aspect pédagogique II- ESQUISSE DE SOLUTION POUR SORTIR DE L’IMPASSE : Rôle des syndicats

I.1- Aspect légal et réglementaire du problème Au plan national • Circulaire N°48/G/8/MINEDUC/DESG/DETP date ? : – Fixe les tailles maximales (environ 60 élèves par classe). Au-delà, il faudrait envisager la création d’un nouvel établissement scolaire plutôt que de surcharger les classes. • Décret n° 2000/692/PM du 13 Septembre 2000 fixant les modalités d’exercice du droit à la santé du fonctionnaire : – Article 11. Dans tous les cas et sauf contingences locales, les règles et mesures générales d’hygiène et de sécurité dans le lieu du service sont celles édictées en la matière par la législation et la réglementation du travail. • Arrêté N° 039/MTPS/IMT du 26 novembre 1984 fixant les mesures générales d’hygiène et de sécurité sur les lieux de travail : – art 17 (2) : ‘’ chaque travailleur doit disposer d’un cubage de 8m3 par heure, avec une hauteur sous plafond de 2,50 m au moins…’’. (Les plans-types de construction imposent 7m x 9m x 3m pour une salle de classe . Or 9x7x3/60 = 3,15 ! ). Donc même à 60 élèves par classe, l’enseignant a moins de 3,15m3/heure !

I.1- Aspect légal et réglementaire du problème • Arrêté N° 039/MTPS/IMT du 26 novembre 1984 fixant les mesures générales d’hygiène et de sécurité sur les lieux de travail : • Art. 24 (3) : La largeur des portes et des escaliers ne doit pas être inférieure à 80 cm • Art. 25 : les portes susceptibles d’être utilisées pour l’évacuation de plus de 20 personnes ….doivent s’ouvrir dans le sens de la sortie … • etc. Au plan international : I.1- Aspect légal et réglementaire du problème la communauté internationale, sous les auspices de l’OIT, s’est dotée d’une panoplie d’instruments juridiques en matière d’hygiène et sécurité au lieu du travail, instrument aux quels le Cameroun traînent le pas pour leur internationalisation par le processus de ratification ou d’adhésion : • La convention n° 17 sur la réparation des accidents de travail, les conventions N° 18 et N°42 sur les maladies professionnelles , la convention n°119 sur la protection des machines, la convention n° 120 sur l’hygiène (commerce et bureaux), la convention n° 121 sur les prestations en cas d’accidents de travail et de maladie professionnelle, la convention n° 127 sur le poids maximum, la convention n° 130 concernant les soins médicaux et les indemnités de maladie, la convention n° 136 sur benzène, la convention n° 139 sur le cancer professionnel, la convention n° 148 sur le milieu de travail (pollution de l’air, bruit et vibration), la convention n° 155 sur la sécurité et la santé des travailleurs, avec son protocole (P 155) de 2002. La convention n° 161 sur les services de santé au travail, la construction, la convention n° 170 sur les produits chimiques, la convention n° 174 sur la prévention des accidents industriels majeurs. • Sur les mêmes sujets et dans un ordre quelconque, il existe aussi les recommandations nos 22, 24, 29, 31, 32, 53, 97, 112, 114, 118, 120, 121, 128, 134, 144, 156, 164, 171, 172, 175, 177, 181 ; évoquons pour terminer avec cet aspect la recommandation n° 162 sur les travailleurs âgés, les enseignants camerounais étant actuellement les seuls travailleurs dont la limite d’âge pour la retraite est la plus élevée. • Arrêté N° 039/MTPS/IMT du 26 novembre 1984 fixant les mesures générales d’hygiène et de sécurité sur les lieux de travail : • Art. 24 (3) : La largeur des portes et des escaliers ne doit pas être inférieure à 80 cm • Art. 25 : les portes susceptibles d’être utilisées pour l’évacuation de plus de 20 personnes ….doivent s’ouvrir dans le sens de la sortie … • etc. Au plan international : 1.2- Aspect environnemental (hygiène et santé) • Plus qu’un lieu de travail, le milieu scolaire ou académique doit être considéré comme un milieu de vie, ou mieux, pour emprunter au langage écologique, comme un écosystème (biotope +biocénose). En effet, des êtres vivants en général, et en particulier des êtres humains (biocénose), y passent chaque jour ouvrable un minimum de six heures de temps, pour des raisons diverses, et interagissent forcément avec ce milieu (biotope). En effet, • Chaque organisme étant en permanence le siège d’activités physiologiques, à un moment ou à un autre de la journée, il exigera qu’un certain nombre de besoins soient satisfaits. Par exemple, il arrive fréquemment qu’un Enseignant, un apprenant voire un usager de passage ait besoin de s’alimenter, d’étancher sa soif, d’éliminer les déchets après digestion ou excrétion ; besoin de se reposer ; besoin de se détendre ; besoin de se soigner etc. La satisfaction de ces besoins doit être assurée, tout en préservant l’écosystème scolaire ou académique et en protégeant sa biocénose. A cet effet, un certain nombre de structures, d’infrastructures, de conditions environnementales et de ressources sont nécessaires notamment dans des établissements à effectifs pléthoriques, où le problème se pose avec plus d’acuité : • un service de santé, une cantine, des espaces de détente et loisirs, des aires de jeux, des lieux d’aisance conformes aux normes hygiéniques satisfaisant les exigences de préservation de l’intimité des utilisateurs, des poubelles pour la collecte des déchets solides produits quotidiennement, des espaces verts pour la régulation climatique, l’assainissement de l’air et autre protection du campus contre l’érosion, sans oublier les ressources humaines et matérielles pour assurer l’entretien et la maintenance de ses structures et infrastructures. Tout ceci doit être contenu dans un environnement sain, attrayant exempt de pollution et de nuisances diverses telles que le bruit, les odeurs pestilentielles, les décharges sauvages de déchets solides entre autres. La réglementation du travail garantit de telles conditions. Illustration Une classe à effectif pléthorique est un milieu propice pour : – La propagation de maladies contagieuses – La désoxygénation du milieu, du fait de l’élévation de température suite à la production du CO2, gaz à effet de serre par l’ensemble des narines de l’enseignant et de ses apprenants. C’est donc un milieu propice pour l’asphyxie des êtres qui s’y trouvent. Le phénomène des « chutes en trans » des élèves pourrait trouver là une piste d’investigations

II- ESQUISSE DE SOLUTION POUR SORTIR DE L’IMPASSE : Rôle des syndicats

LE DECOR • Tout ce qui précède induit, pour les organisations professionnelles d’enseignants, un incommensurable volume de travail dont le plus urgent a pour nom la vulgarisation des instruments juridiques nationaux et internationaux en matière d’hygiène et sécurité en milieu de travail. Les revendications corporatistes ne doivent pas se limiter aux aspects pécuniaires, mais aller bien au-delà. A quoi cela servirait-il d’être bien rémunéré et vider son porte monnaie chez un médecin ou un pharmacien, parce que l’on travaille ou vit dans un environnement malsain ? il apparaît donc clairement que les syndicats d’enseignants ont du pain sur la planche. Ils doivent sortir des sentiers battus des revendications alimentaires et s’efforcer de donner un contenu à l’aspect « meilleures conditions de travail » qu’ils réclament souvent, mais sur lequel ils n’insistent guère, peut être par manque de capacités en la matière. De ce point de vue, la formation des syndicalistes s’avère indispensable, pour les préparer à mieux formuler leurs revendications, et accroitre subséquemment les chances de se faire entendre. Il y va même de la survie de ces structures qui, dans l’hypothèse-évidemment peu probable-de la satisfaction de toutes revendications salariales, courent le risque d’une disparition pure et simple. Les axes de travail dans ce domaine sont légion. Illustration : Vulgarisation des normes juridiques nationales et internationales en matière d’hygiène et sécurité au lieu du travail. • Ce qui existe déjà, qu’il faut absolument connaître puis veiller à l’application voire à l’amélioration ; • Ce qui reste à faire et qu’il convient d’apporter sa contribution à l’élaboration et plus tard à l’application.

Création et animation de commissions d’hygiène et sécurité dans les campus scolaires et académiques

• Ce pourront être des organes locaux chargés de veiller au quotidien au respect des normes d’hygiène et sécurité dans les campus. Les campagnes d’informations et de sensibilisation des Enseignants et des apprenants sur leurs droits et devoirs en matière d’hygiène et sécurité au lieu du travail. Ces commissions peuvent de même être impliquées dans les mobilisations dans le cadre de revendications ayant comme centre d’intérêt les mesures d’hygiène et sécurité dans les campus.

Evaluation des risques professionnels dans l’enseignement : • Dans les salles de classe, • Dans les laboratoires, • Dans les ateliers (machines-outils) • Sur les terrains et aires de jeux, • Lors des excursions ou des voyages d’études, • Dans les cours de recréation. Elaboration des mesures de sécurité en milieu scolaire et académique Une fois les risques professionnels identifiés et évalués en utilisant les outils appropriés en la matière, il faudra alors déterminer les mesures à prendre pour les réduire au strict minimum, et surtout informer régulièrement ceux qui sont exposés, et réviser périodiquement ces mesures pour apporter des corrections nécessaires etc. Identification des maladies et la profession enseignante • Une maladie d’origine professionnelle doit être juridiquement reconnue comme telle, si non les travailleurs ne peuvent pas s’en prévaloir pour revendiquer un quelconque droit. Dans la plupart des pays, la reconnaissance d’une maladie comme étant d’origine professionnelle obéit généralement à une procédure d’enregistrement, qui définit entre autre chose les responsabilités de l’employeur. • L’une des premières étapes de ce travail est l’identification de maladies qui peuvent être imputables à la profession enseignante ; ET NOTAMMENT AU PHÉNOMÈNE DES EFFECTIFS PLÉTHORIQUES. Un travail de recherche long et difficile qui nécessite des ressources humaines de divers horizons et des moyens d’investigation appropriés. Bien entendu, les mesures soit pour éviter soit pour prévenir ou le cas échéant soigner ces maladies doivent être définies et portés à la connaissance des principaux concernés.

En somme, ainsi que l’on peut le constater, mettre en place une batterie de mesures propres à assurer de bonnes conditions de travail pour les enseignants et donc de bonnes conditions d’études pour les apprenants n’est point une sinécure. C’est un vaste chantier qui interpelle beaucoup d’acteur, au premier rang desquels se trouvent les organisations professionnelles comme les syndicats d’Enseignants, qui peuvent s’inspirer des cinq axes de travail sus énumérés pour mettre en place des programmes visant à améliorer à terme leurs conditions de travail en donnant par la même occasion un contenu concret à leurs revendication en la matière.


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