L’ODYSSEE DE LA PRIME DE RECHERCHE ET DE DOCUMENTATION

mardi 20 mars 2012
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L’ODYSSEE DE LA PRIME DOCUMENTATION ET DE RECHERCHE DES ENSEIGNANTS DU SECONDAIRE ET DU PRIMAIRE

Le 05 décembre 2000, le Président de la République avait signé le décret portant Statut Particulier des Fonctionnaires des Corps de l’Education Nationale. Ledit décret accordait entre autres, les primes de documentation et de recherche aux enseignants, ainsi qu’un rééchelonnement indiciaire.

Neuf ans après la signature de ce texte, alors que les enseignants des niveaux sus évoqués attendaient toujours des textes fixant les montants desdites primes, le Chef de l’Etat rendait public un décret attribuant des primes d’enseignement et de recherche aux enseignants du supérieur aux montants suivants : 350000f CFA pour les assistants, 450000f CFA pour les chargés de cours, et 750000f CFA pour les enseignants de rang magistral. Les syndicats enseignants relancèrent les mouvements de revendication pour la signature des textes d’application du décret du 05 décembre 2000. En réaction au préavis qu’ils avaient déposé à cet effet auprès des services du Premier ministre, celui-ci a instruit aux ministres en charge de l’Education de négocier les montants desdites primes avec les enseignants, ainsi qu’un avant-projet d’échelonnement indiciaire. A ces revendications liées au Statut Particulier, les syndicats ont formulé celles liées à la valorisation des montants des vacations aux examens officiels, à l’exigence d’un cadre de concertation permanent, et à la prise en compte des enseignants d’éducation physique et sportive dans le Statut particulier.

1- Dilatoire et intimidation

Les négociations des syndicats avec le gouvernement avaient abouti en août 2009 à des propositions consensuelles sur tous les sujets cités plus haut. Ainsi, les montants des primes furent fixés à 50000f CFA pour la catégorie A, et à 35000f CFA pour la catégorie B ; un avant- projet de décret du nouvel échelonnement indiciaire fut adopté ; promesse ferme fut faite aux enseignants d’éducation physique sur l’imminence de leur insertion dans le Statut Particulier, et, enfin, s’agissant de la revalorisation des vacations aux examens officiels, les syndicalistes apprirent qu’ils enfonçaient une porte ouverte, parce que les textes proposés par les ministères en charge de l’Education étaient déjà sur le bureau du Premier Ministre.

La date proposée par le gouvernement pour la publication des différents textes (novembre 2009) n’avait pas été respectée. Les syndicats manifestèrent leur mécontentement en prescrivant la rétention des notes et leur non report dans les bulletins. Le ministre des Enseignements Secondaires organisa une véritable chasse aux syndicalistes en mettant à contribution les autorités administratives et les chefs d’établissements. Tout gréviste devait être repéré et sanctionné comme tel ! L’intimidation atteignit son effet, et tout rentra dans l’ordre. A l’approche de la session des examens 2010, le texte revoyant à la hausse fut effectivement publié. Mais la revalorisation était franchement ridicule pour les enseignants : 25f CFA pour la copie au CEP, et 50f CFA pour la copie au BEPC. Par contre, les bureaucrates des services régionaux et centraux, à l’abri de tout accident ou incident lié au déroulement des examens, se sont octroyé de plantureux émoluments. On n’est mieux servi que par soi- même.

2- Le déclic du décret présidentiel du 13 janvier 2012

A l’occasion de la campagne de l’élection présidentielle de 2011, deux syndicats des enseignants lancèrent un préavis de grève au gouvernement pour l’application intégrale des résolutions arrêtées de façonconsensuelle en août 2099. Ce dernier réagit en août 2011 en invitant plutôt des syndicats jaunes avec lesquelles il profita pour revoir les montants de 2009 à la baisse, soit 15000f CFA pour la catégorie A, et 10000f CFA pour la catégorie B, avec promesse de les payer dès janvier 2012.

Rien n’ayant été fait à cette date, les syndicats de la FECASE et ceux de la FESER adressèrent un préavis de grève au gouvernement pour exiger le respect des accords de 2009. Comme en 2009, le Chef du gouvernement a prescrit une rencontre entre les syndicats et le gouvernement. Celle-ci s’est tenue le 06 février 2012 à Yaoundé. Le gouvernement ne proposa rien de concret par rapport aux problèmes en débat, se contentant d’invoquer les difficultés financières de l’Etat. Or, les syndicalistes étaient en possession du décret accordant les primes aux personnels d’appui des universités d’Etat du Cameroun. Les personnels de catégorie I à III, c’est- à- dire ceux qui exécutent des tâches d’entretien, et qui sont recrutés sans diplôme, avaient une prime mensuelle de 20000f CFA. Comment dans ces conditions pouvait- on donner à un cadre qui fait de la recherche et enseigne une prime de 15000f CFA ? Cet argument en béton a contraint le gouvernement à accepter le principe d’une revue à la hausse des montants de 15000f et 10000f.

Une commission de douze membres composée des représentants des syndicats et des membres du gouvernement présents à la rencontre. Elle a pour objectif d’arrêter le montant définitif de la prime sus évoquée, et de connaître tous les autres problèmes soulevés par les syndicats dans un délai de quatre mois. Il fut convenu qu’en attendant le montant définitif de la prime de documentation et de recherche, les sommes arrêtées lors des rencontres du mois d’août 2011 seront provisoirement versées aux enseignants, mais sans préciser la date du début d’exécution de cette mesure. Ce qui déterminé la FECASE et ses syndicats à réitérer leur mot d’ordre de grève qui couvrait la période du 14 au 17 février. Celle-ci a connu un succès remarquable, tant et si bien que lors de la première réunion du comité tenue le 15 février 2012, le gouvernement a fixé la date du 28 mars 2012 pour le paiement de la prime provisoire avec le rappel des mois de janvier et de février 2012.


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