LA REVANCHE DE LA NATURE : DE L’EXPLOITATION SAUVAGE DES RESSOURCES NATURELLES - LA NECESSITE DU DEVELOPPEMENT DURABLE

mardi 20 mars 2012
par mbassi thobie
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Avec le triomphe de l’ultra libéralisme finalisé vers la maximisation de la rentabilité économique, les ressources fossiles s’épuisent vertigineusement - au point où un produit comme le pétrole pourrait faire défaut dans 50 ans- pendant que les gaz a effet de serre dégradent dangereusement la couche d’ozone, entraînant en conséquence le réchauffement de la terre et toutes les catastrophes y afférentes. La sonnette d’alarme a été tirée aussi bien par les Nations Unies que par les mouvements écologiques :notre modèle de développement est mortifère. Il nous conduit inéluctablement vers la catastrophe. Ce constat nous appelle alors à reconsidérer tout notre rapport avec la nature.

La philosophie des lumières visait pour l’essentiel à faire régner plus de rationalité et de liberté dans l’humanité. La liberté dont-il était question consistait d’abord pour l’homme à ne pas être asservi à ses instincts, pulsions et autres appétits. (La liberté par rapport à ses parties irrationnelles signifiait plus de rationalité dans ses comportements) et donc à les soumettre à la discipline de la raison. Autrement-dit, nous sommes d’autant plus libres que nos comportements sont déterminés par la raison qui est considérée par Descartes comme la faculté de distinction du vrai du faux, du bien du mal. On peut encore dire que plus de rationalité entraîne plus de liberté. Par conséquent, travailler pour actualiser la raison ou le bon sens qui est en puissance chez tout homme, c’est aussi s’activer à le rendre libre et vice-versa.

Nous retrouvons également le couple raison-liberté au niveau des rapports de l’homme avec la nature. Si le sujet se présente comme le premier obstacle à sa libération, il n’en demeure pas moins vrai que son environnement naturel constitue également un obstacle à sa liberté. En effet, l’environnement naturel ne permet pas souvent d’assurer nos mouvements dans l’espace. Un cours d’eau, une forêt, une montagne constituent des freins à ma volonté de circuler. Autant elle m’empêche de me mouvoir à volonté, autant elle ne semble pas assurer ma sécurité physique. Je suis en effet à la merci des intempéries, des animaux sauvages… Bref, la nature apparaît de prime abord comme un obstacle à l’exercice de ma liberté.

Autant je dois maîtriser les passions et les appétits pour assurer le déploiement de mon humanité, autant je dois maîtriser la nature pour me libérer d’elle. Cette conception agonistique des rapports avec la nature va fortement déteindre sur notre représentation du développement, ainsi que sur notre vision de l’autre dans ses rapports avec la nature.

Si en effet l’environnement naturel est perçu comme un obstacle, un adversaire intrépide à maîtriser afin de déployer un environnement (culturel) conçu par nous, et à notre convenance, la civilisation, le développement constituent des actes de « recul » de victoire sur l’environnement naturel. La cité est ainsi un milieu où domine la culture : maisons, routes, etc. On comprend pourquoi dans son « combat » sans merci pour le développement, c’est la nature qui paie prioritairement les frais : il faut autant que faire se peut l’éloigner de l’homme, ou plutôt il faut la civiliser c’est-à-dire la détruire afin d’y faire prospérer des cités. Comme lors de la guerre, où c’est une question de vie ou de mort, l’homme détruit, exploite sans ménagement pour assurer le triomphe de l’humanité et la mort de l’adversaire nature. L’ultralibéralisme a aggravé cette tendance agonistique du développement pour s’assurer de plantureux profits, les industries surexploitent les ressources naturelles, encouragent le gaspillage pour accroître la productivité. Ce n’est plus l’abondance qui caractérise nos sociétés, mais davantage le gaspillage. Or ce faisant, nous épuisons les ressources exposant les générations futures à la pénurie, et donc aux guerres de rapines, au struggle for life de Darwin. Et parallèlement, du fait de cette surexploitation, les divers équilibres naturels sont rompus.

La vision péjorative de la nature (c’est un obstacle) sur laquelle s’adosse la vision dominante du développement détermine aussi notre lecture des rapports que l’autre entretient avec la nature. Le « civilisé » n’est autre que celui qui a réussi a repousser la nature pour y installer la cité. Autrement dit, le « primitif », le « sauvage » sont ceux qui vivent encore dans cette nature ennemie sans chercher à en sortir. Dans ce contexte, le primitif, le sauvage, sont aussi des ennemis puisqu’ils pactisent avec notre ennemi, la nature. Tout ce qui relève ou est proche de la nature est abominé, tandis que ce qui s’en éloigne est exemplifié. Un primitif, un paysan, un villageois sont nécessairement dégradants dans nos représentations. C’est dans cette trajectoire que s’inscrit également le « développement ».

Aujourd’hui, heureusement, les données de l’écologie nous ont rendus plus modestes et changé le regard que nous avions par rapport à la nature.

Nous savons désormais que notre sort est lié à celui de l’environnement ; que les agressions que ce dernier subit ont nécessairement des conséquences négatives sur l’humanité, et par conséquent, que c’est nous qui devons adapter nos modes de vie à la logique de l’environnement. Jusque-là, l’homme s’est comporté comme si la nature devait se plier à ses caprices et devait encaisser toutes les agressions de notre modèle de développement. Il faut donc une nouvelle éducation pour changer cette vision des rapports avec la nature, pour nous faire accepter l’interdépendance avec l’environnement. C’est un préalable si nous voulons donner aux générations futures des chances de survie. JPEG - 826.1 ko JPEG - 826.1 ko JPEG - 826.1 ko JPEG - 826.1 ko JPEG - 826.1 ko JPEG - 826.1 ko


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